00:00 Mes chers camarades, bien le bonjour ! La révolution française, on en a tous bouffé
00:04 à l'école.
00:05 La période a fait l'objet de beaucoup de films, de livres, de BD, de jeux vidéo ou
00:09 d'émissions d'histoire larmoyante sur le pauvre destin de la pauvre Marie-Antoinette.
00:14 Pourtant pour la plupart des gens, c'est assez compliqué de s'y retrouver dans
00:18 tout ce bordel qu'est la révolution.
00:20 Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de tenter de faire une petite vidéo de synthèse
00:24 qui sera forcément incomplète puisque le sujet est très complexe.
00:28 Mais c'est pas très grave, avant d'approfondir les choses, c'est bien d'avoir une vue
00:32 d'ensemble et puis j'ai fait d'autres vidéos plus précises sur des sujets bien
00:36 spécifiques liés à la révolution française.
00:38 Dans cette vidéo, on va donc se concentrer sur les trois premières années de 1789 à
00:42 1792.
00:43 On a tous des images en tête lorsqu'on évoque la révolution.
00:46 La prise de la Bastille, le méchant Robespierre, tout raide, impitoyable.
00:51 La terreur, terrifiante évidemment.
00:53 Marat, le sanguinaire, assassiné dans sa baignoire.
00:56 Et à la fin, Napoléon Bonaparte qui prend le pouvoir.
00:59 Il y a une statue de Danton en Paris.
01:01 Un monument aux Girondins à Bordeaux.
01:02 Tous les ans, au Puy du Fou, un spectacle impressionnant et un poil partial célèbre
01:07 aux Vendées, soulevé contre la cruauté parisienne et massacré sans pitié.
01:10 On se rappelle aussi un peu de la Déclaration des droits de l'Homme.
01:13 Et puis en fouillant dans ses cahiers, on se souvient que les armées françaises ont
01:17 repoussé les ennemis à Valmy.
01:18 Ah, puis y'a les sans-culottes aussi ! Ils s'appelaient citoyens et se tutoyaient.
01:22 Y'a eu la République.
01:24 La première.
01:25 On a chanté et on chante encore la Marseillaise, notamment avant les finales de coupe du monde
01:29 de foot.
01:30 Bref, pendant 10 ans, entre 1789 et 1799, ça a été un sacré boxon.
01:36 Anecdote rigolote d'ailleurs, la tour Eiffel elle-même a été construite pour commémorer
01:40 les 100 ans de la Révolution.
01:41 On va essayer de remettre un peu d'ordre pour comprendre ce qui s'est passé durant
01:45 ces 10 années et pourquoi on s'en souvient encore.
01:48 Même que les hommes politiques s'indignent quand un jeu vidéo en dit du mal.
01:52 Ou quand on a dépensé des millions de francs pour en célébrer les 200 ans.
01:57 D'abord, la Révolution, on l'étudie grâce à une quantité invraisemblable de
02:01 sources.
02:02 Les archives parlementaires par exemple.
02:03 Plus de 80 énormes volumes publiés à ce jour, chaque volume pesant plus de 3 kg.
02:09 Des volumes qui contiennent les lois, les débats, les lettres et les pétitions reçues
02:14 par les différentes assemblées et qui ne couvrent que la période 1789-1794.
02:18 Il y a aussi les journaux, plus de 500 titres plus ou moins éphémères qui ont été publiés.
02:25 Des images politiques aussi, par milliers, un peu comme les posters de Che Guevara qu'on
02:30 voit aujourd'hui dans le métro.
02:31 De la musique, de la peinture, comme le Marat assassiné de David.
02:35 Des pièces de théâtre, des objets, on a transformé des pierres de la Bastille en
02:39 modèles réduits de la Bastille par exemple.
02:41 Et même des souvenirs par centaines.
02:43 Bref, aucun historien de la Révolution n'a épuisé le stock et une part de ce dernier
02:48 est encore inconnue.
02:49 Ouais, on connait pas tout de la Révolution.
02:53 Et c'est plutôt cool en fait !
02:55 Ce qui est net, c'est qu'entre 1789 et 1799, les Français dans leur ensemble ont
03:00 eu la certitude qu'ils vivaient une révolution.
03:03 Un journal s'appelle "Les Révolutions de Paris", un autre "Les Révolutions
03:07 de France" et de Brabant.
03:08 En 1792, Robespierre demande "Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution
03:15 ? Quand il s'agit de savoir ce qu'on va faire du roi déchu, Louis XVI, devenu
03:19 Louis Capet."
03:20 A partir de 1790, le projet de terminer la Révolution est répété par tous les dirigeants
03:25 successifs.
03:26 C'est d'ailleurs Napoléon Bonaparte qui concrétise ce projet.
03:29 Certains ont adoré la Révolution, d'autres l'ont combattue et haï, tous l'ont vécu
03:35 jusque dans les campagnes les plus reculées, même si tous ont continué à vivre, à
03:40 manger, à dormir, à travailler, à aimer et à craindre le lendemain.
03:44 Au commencement de cette décennie extraordinaire, il y a en 1788 une dette que le roi Louis
03:50 XVI veut éponger.
03:51 Ses ministres des finances ont tenté tous les moyens connus par la monarchie absolue
03:55 depuis six ans, mais rien n'y fait.
03:57 La dette est abyssale.
03:59 Chaque année, les revenus du royaume n'épongent qu'une partie des intérêts de cette dette.
04:04 Alors le roi convoque les états généraux, une assemblée extraordinaire représentant
04:09 le royaume.
04:10 Le but ? Obtenir des moyens nouveaux pour reconstituer le trésor de l'état.
04:14 La dernière fois, c'était en 1614.
04:16 Il faut une année pour mettre en place cette assemblée.
04:19 Elle regroupe des représentants des trois ordres de la nation, le clergé et la noblesse
04:24 (qui à eux deux représentent 3% de la population) et le tiers état (ceux qui travaillent, soit
04:29 les 97% restants).
04:31 Chaque ordre a en principe autant d'élus, mais évidemment, on est assez loin d'une
04:36 représentation proportionnelle et ça n'est pas le cas.
04:39 Seulement voilà, si sur le papier c'est sympa que le peuple soit représenté, dans
04:42 les faits, il y a une astuce rigolote pour l'empêcher de passer en force sur des thématiques
04:47 qui lui tiennent à cœur.
04:48 Chaque ordre a une voix, c'est à dire que tous les députés d'un ordre se mettent
04:52 d'accord sur un vote et ça ne compte que pour leur propre ordre.
04:56 Si le clergé et la noblesse votent ensemble, ils ont donc toujours deux voix contre une.
05:02 Malin !
05:03 En 1614 ça passait encore, en 1789, beaucoup trouvent que cette façon de faire est très
05:09 injuste et on les comprend.
05:11 Même les nobles comme le marquis de Lafayette ou des ecclésiastiques comme l'abbé Grégoire
05:15 ou l'abbé Sillès voudraient que ce soit plus équitable.
05:18 Par exemple, que le tiers état ait plus de députés et que chaque député ait une voix.
05:24 Le roi Louis XVI trouve alors une solution plutôt maladroite.
05:28 Il accepte que le tiers état ait deux fois plus de députés que les autres ordres mais
05:32 il maintient le vote par ordre.
05:34 En gros, ça sert pas à grand chose et ça passe assez mal.
05:38 En plus, dans toutes les paroisses, dans tous les quartiers des villes, souvent appelés
05:42 districts, il y a des assemblées pour désigner les représentants et pour élaborer des cahiers
05:46 de doléances où ils expliquent ce qui ne va pas.
05:49 Ça fait partie de la tradition mais des trucs qui vont mal, il y en a beaucoup.
05:54 Mauvaise récolte, impôts écrasants, tyrannie des seigneurs, les 60 000 cahiers de doléances
06:00 (oui, ça fait beaucoup et les sources pour comprendre la révolution y en a vraiment
06:04 un gros paquet) disent globalement que le système monarchique ancien ne va plus du
06:11 tout et que le système des trois ordres est totalement dépassé.
06:15 La pensée des philosophes des Lumières comme Rousseau ou Montesquieu s'est largement
06:19 répandue tout au long du XVIIIe siècle et donc, dans un premier temps, les états généraux
06:24 échappent totalement au contrôle royal.
06:26 Ils se réunissent de façon traditionnelle le 5 mai 1789 à Versailles mais le 20 juin,
06:32 l'immense majorité des députés, y compris nombre de députés nobles et religieux, prononcent
06:38 le serment du jeu de paume et promettent de donner, carrément, une constitution à la
06:43 France.
06:44 Le roi et son gouvernement sont mécontents mais se résignent.
06:47 Le 9 juillet, le roi demande à son clergé et à sa noblesse de rejoindre le tiers état
06:52 et les états généraux deviennent l'Assemblée Nationale Constituante.
06:55 C'est la fin de la monarchie absolue.
06:58 Si vous voulez une image rigolote pour retenir tout ça, Louis XVI c'est le docteur Frankenstein
07:04 et les états généraux c'est sa créature qui se retournent contre lui.
07:07 Bref, si le roi fait mine de céder en apparence, il demande quand même à ses armées de se
07:11 rapprocher de Versailles et évidemment, ça se sait assez vite.
07:15 A Paris, on craint déjà la contre-révolution.
07:17 Il faut défendre l'Assemblée toute neuve et pour ça, les parisiens attaquent la vieille
07:21 forteresse parisienne de la Bastille qui était devenue une prison presque abandonnée.
07:25 Cette prison est tout de même bien défendue par des troupes armées.
07:29 Résultat, 600 morts dans les affrontements le 14 juillet.
07:33 Louis XVI se résigne, encore, et la majeure partie des troupes se retirent.
07:37 Mais la crainte qui a mobilisé les parisiens se diffuse dans toute la France et les paysans
07:42 se soulèvent.
07:43 C'est ce qu'on appelle la Grande Peur, où des troupes de paysans viennent dans les
07:47 châteaux et détruisent les armoiries des nobles et surtout les documents fiscaux qui
07:51 établissent les impôts qu'on devrait payer aux seigneurs.
07:54 Du coup, pour calmer le jeu, les nobles et les ecclésiastiques de l'Assemblée, qui
07:59 constatent que le mouvement est assez puissant, décident de renoncer à leurs privilèges
08:04 et aux droits féodaux au cours de la fameuse Nuit du 4 août.
08:08 Mais ça, c'est en apparence, puisqu'il y a des petites finesses, des subtilités
08:11 qui leur permettent de garder des impôts.
08:13 Ça laisse pas mal de paysans un peu frustrés, mais quand même, on en a enfin fini avec
08:18 l'Ancien Régime et la Société des Trois Ordres.
08:21 Ce qui n'est pas rien, puisque ça représente quand même, au bas mot, 700 ans d'histoire.
08:26 Cette abolition des privilèges, dont on parle assez souvent, est confirmée le 26 août
08:30 suivant avec la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.
08:34 La base de la future constitution.
08:36 Elle nous présente la célèbre phrase que vous connaissez tous "Tous les hommes naissent
08:41 et demeurent libres et égaux en droit".
08:44 Les 5 et 6 octobre suivant, nouveau coup de colère des parisiens.
08:47 Non seulement ils ont du mal à trouver du pain alors que les récoltes n'ont pas été
08:51 mauvaises, mais en plus, Louis XVI refuse de signer la Déclaration des Droits de l'Homme
08:56 dont on vient de parler.
08:57 Le gars, il a pas compris que les parisiens, fallait pas les énerver.
09:00 Pas très malin.
09:01 Du coup, une immense manifestation, d'abord initiée par des femmes, on y reviendra sur
09:06 le rôle des femmes, se rend à Versailles.
09:08 Avec quelques canons, parce que ça peut toujours servir.
09:10 La situation est donc, disons, tendue.
09:13 Louis XVI, conseillé par un entourage du genre prudent, signe la Déclaration et en
09:18 plus accepte de quitter Versailles pour s'installer dans le palais des Tuileries, à Paris, avec
09:22 Marie-Antoinette, la reine et son fils, le dauphin Louis.
09:26 Comme on dit, le boulanger, la boulangère et le petit mitron quittent Versailles, le
09:30 palais du roi Soleil.
09:32 Désormais, le roi est sous le contrôle direct des parisiens.
09:35 L'assemblée a suivi le roi, bien sûr.
09:39 Et pendant deux ans, les députés abattent un travail littéralement extraordinaire.
09:42 Ils élaborent comme promis une constitution.
09:45 La France sera une monarchie constitutionnelle.
09:48 Ils transforment totalement la géographie administrative du pays en créant les départements,
09:53 les cantons et les communes.
09:55 Désormais, pour le fisc, pour la justice, pour la religion même, les français vivent
10:00 dans un espace uniformisé qui, aujourd'hui encore, reste notre base.
10:04 Ils préparent une fiscalité universelle, ils réforment la justice, ils achèvent d'établir
10:09 l'égalité des droits.
10:10 Le tout alors que les caisses sont toujours aussi vides, il faut le rappeler.
10:14 Le 2 novembre 1789, c'est Talleyrand, évêque d'Autin, qui propose de donner les biens
10:19 du clergé à la nation pour résoudre le problème.
10:22 Du coup, les terres que le clergé louait aux paysans, soit environ 10% de la surface
10:27 agricole utile, sont mises en vente.
10:29 Évidemment, ces terres sont achetées le plus souvent par les riches.
10:32 Du coup, plein de paysans qui espéraient devenir propriétaires restent locataires
10:36 et sont un peu grognons parce qu'en fait, ils ont juste changé de proprio.
10:40 Et qu'en plus, les loyers risquent d'augmenter.
10:42 Les députés, eux, décident de créer une monnaie, la signent et cette monnaie représente
10:47 l'argent de la vente des biens du clergé.
10:48 Autrement dit, un argent qui n'est pas encore dans les caisses puisque la vente prend beaucoup
10:54 de temps.
10:55 Et bien que la confiance dans cette monnaie de papier est très vite nulle.
10:59 Et c'est bien du clergé, le clergé en vivait.
11:02 Or, les français, dans leur immense majorité, sont catholiques et souvent, ils aiment bien
11:07 leur curé.
11:08 Alors on invente un autre truc nouveau, la constitution civile du clergé.
11:12 En gros, on ferme les monastères, les curés deviennent des fonctionnaires payés par
11:16 la nation et élus dans leur commune et on va leur demander de jurer qu'ils soient
11:20 fidèles à la constitution.
11:22 Sauf que beaucoup de curés et presque tous les évêques refusent, eux, ils ne jurent
11:28 que devant Dieu.
11:29 Et dans les régions où ils sont bien aimés, la population les soutient.
11:32 Il y a donc des curés jureurs et des curés réfractaires.
11:36 Parmi ces derniers, beaucoup commencent à faire comme nombre de nobles, ils quittent
11:41 la France, ils émigrent.
11:42 Evidemment, le roi aimerait bien faire pareil, il tente même le truc dans la nuit du 20
11:47 au 21 juin 1791 avec son épouse et ses enfants.
11:51 Déguisé, ils s'installent dans une belle diligence bien visible et partent vers l'Est.
11:56 On est clairement sur l'action la plus discrète qui soit, de vraies ombres, l'ombre de
12:01 la lune sur une plaine sans arbre.
12:03 Ils sont évidemment reconnus, arrêtés à Varennes, à 230km de Paris, puis reconduits
12:09 directement au Tuileries.
12:10 Dans le genre coup foireux, ça se pose là.
12:13 Non seulement c'est raté, mais en plus tout le monde sait que le roi a trahi puisqu'il
12:16 a laissé une belle lettre bien claire pour expliquer son départ.
12:20 Champion !
12:21 Pour ne rien arranger à la situation, on s'est rendu compte que le départ du roi
12:25 n'a pas empêché la terre de tourner.
12:26 On se moque du roi fuyard, du roi cochon et de plus en plus de gens demandent qu'à
12:31 la place d'une monarchie, on crée une république.
12:34 Pour calmer les plus téméraires, on fait au plus simple, quand il manifeste le 17 juillet
12:38 1791 sur le champ de Mars, on les mitraille.
12:41 Un peu brutal, pas très efficace, mais ça soulage.
12:45 Et donc on fait comme si tout allait bien.
12:48 La monarchie constitutionnelle est installée avec Louis XVI, toujours à sa place, et on
12:52 élit une assemblée, la législative, pour terminer la révolution.
12:56 Mais si on fait les comptes, les républicains sont mécontents, beaucoup de paysans sont
13:01 mécontents, le peuple des villes n'est pas jouasse, les nobles sont furieux, les
13:06 prêtres sont pas vraiment enthousiastes et le roi n'est pas trop convaincu.
13:10 Et puis y'a ses cousins, collègues et amis de Prusse, de l'Empire d'Angleterre, d'Espagne,
13:15 qui sont assez inquiets aussi parce que chez eux ça commence à bouger.
13:19 Bref, la nouvelle France a un peu de soucis à se faire et tout ça va partir en sucette.
13:25 L'économie ne va pas mieux et des révoltes sociales éclatent un peu partout en France,
13:30 comme à Meaux où le maire est carrément tué par la foule.
13:32 La plus riche des colonies françaises, Saint-Domingue, s'embrase parce que les esclaves se révoltent
13:38 sous la direction de Toussaint-l'Ouverture.
13:40 L'opposition est de plus en plus organisée et efficace avec le club des Jacobins, une
13:44 société devenue pro-républicaine.
13:46 Elle est présente sur tout le territoire et à sa tête, Robespierre, un avocat, joue
13:51 un rôle important.
13:52 Avec le reste de l'Europe, ça ne va pas beaucoup mieux et beaucoup de dirigeants français
13:57 pensent qu'il faudrait bien une bonne petite guerre pour permettre de se sortir de cette
14:00 situation.
14:01 Ça relance l'économie, ça donne une activité aux chômeurs et du côté des monarchistes,
14:06 si la France la perd, ça permettra de rétablir l'ordre traditionnel.
14:10 Or, justement, la plupart des gradés de l'armée sont des monarchistes nostalgiques.
14:15 Du coup, on peut compter sur eux pour ne pas trop se fouler quand les conflits éclateront
14:19 avec leurs voisins.
14:20 Malgré quelques opposants, Louis XVI annonce donc à l'Assemblée législative qu'il
14:25 déclare la guerre à l'Autriche le 20 avril 1792.
14:28 Et comme prévu, c'est la catastrophe.
14:31 Les armées françaises sont rapidement débordées, au point qu'un général est pendu par ses
14:35 propres troupes.
14:36 Les Prussiens, les Autrichiens, les Espagnols avancent au point que l'Assemblée déclare
14:42 la patrie en danger et demande que des volontaires s'engagent pour renforcer l'armée de
14:46 métier.
14:47 C'est un succès immense et des dizaines de milliers de patriotes s'engagent dans
14:51 le conflit.
14:52 Ils arrivent à Paris à l'été 1792 et beaucoup d'entre eux sont des révolutionnaires
14:56 jacobins et républicains.
14:58 Vous voyez le souci, à Paris, il y a déjà plein de révolutionnaires jacobins et républicains.
15:03 Avec les fédérés qui sont venus de toute la France, le climat de méfiance envers le
15:07 roi, les anciens nobles et les prêtres réfractaires va grandir considérablement.
15:12 Le marquis de Lafayette lui-même passe à l'ennemi et va fuir vers Liège.
15:16 A Paris, les révolutionnaires sentent le vent de la trahison à tous les coins de rue.
15:20 Déjà le 20 juin, le roi avait été mis en danger lors d'une première manifestation
15:25 aux Tuileries.
15:26 Le 10 août 1792, une véritable armée révolutionnaire, mêlant parisiens et fédérés, prend les
15:32 Tuileries d'assaut.
15:33 Il y a plus de 600 morts.
15:35 Louis XVI se réfugie à l'assemblée législative qui doit se résigner à reconnaître la déchéance
15:40 du roi.
15:41 Oui, il est déchu et en même temps, il a été assez décevant.
15:45 La famille royale est enfermée au Temple, l'ancien monastère des Templiers dans le
15:49 nord de Paris.
15:50 Pendant deux mois, les français vivent sous un gouvernement étrange.
15:53 Ce n'est plus une monarchie, mais ça n'est pas encore une république.
15:57 Dans l'urgence, la législative décide qu'une convention sera élue pour adopter
16:02 une nouvelle constitution.
16:03 Et elle adopte des lois d'exception contre les suspects, organisant un premier tribunal
16:08 extraordinaire qui fait guillotiner quelques premiers condamnés.
16:11 A ce moment-là, Danton, ancien avocat très populaire, est au sommet de sa carrière.
16:16 Il sert d'intermédiaire entre la législative et la Commune de Paris, c'est-à-dire le
16:21 gouvernement révolutionnaire de Paris.
16:23 Avant de partir défendre la patrie, les parisiens écoutent une rumeur qui dit que dans les
16:27 prisons, les nobles favorables au roi complotent et s'apprêtent à rétablir l'ancien
16:32 régime une fois les soldats partis au fond.
16:34 Les révolutionnaires entrent dans des prisons, installent une mascarade de tribunal et pendant
16:39 trois jours font passer des milliers de prisonniers en jugement.
16:42 Ou plutôt une parodie de jugement, plus de 1500 prisonniers sont massacrés dans des
16:47 conditions épouvantables entre le 2 et le 5 septembre.
16:51 La Commune et la législative clairement ont beaucoup de mal à canaliser ce débordement
16:55 de haine.
16:56 Pourtant, les élections se tiennent et 750 députés sont élus dans toute la France
17:00 au suffrage universel masculin.
17:02 Ces députés ont des idées très variées.
17:05 Une centaine sont très radicaux, favorables à un état qui protège et guide les citoyens.
17:09 On va les appeler les "montagnards" car ils s'installent en haut de la convention.
17:13 Des personnalités comme Robespierre, Marat ou Danton en font partie.
17:18 D'autres, environ 200, sont plus libéraux, comme Brissot ou Verniaux.
17:23 On les appelle les "girondins" car beaucoup ont été élus à Bordeaux.
17:27 Le 20 septembre, ils se réunissent pour la première fois dans la salle du manège des
17:31 Tuileries et le lendemain, ils décident que tous les actes seront datés de l'an 1er
17:36 de la République.
17:37 Et c'est comme ça que le 21 septembre 1792, pour la première fois dans l'histoire
17:42 de France, l'Etat est devenu une République.
17:45 C'est une nouvelle ère qui s'ouvre mais c'est loin d'être la fin de cette révolution.
17:49 J'espère que cet épisode très synthétique vous aura permis d'y voir un peu plus clair
17:53 sur les motivations de la Révolution et son déroulement.
17:56 Merci à Olivier Coquart pour la préparation de cette émission, il a publié il y a quelques
18:01 temps "Quand le monde a basculé" qui raconte la Révolution et il connait plutôt
18:06 bien l'affaire.
18:07 Bien entendu, on abordera la suite dans un autre épisode mais en attendant qu'il sorte,
18:12 vous pouvez toujours vous consoler en allant me suivre sur Instagram où je poste pas mal
18:16 de petites vidéos.
18:17 A très bientôt sur Nota Bene, salut !
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