"L'objectif [de l’accord bilatéral signé entre la France et l’Ukraine], c'est d'accroître la capacité de l'Ukraine à résister, accroître sa capacité de résilience et décourager tout acte d'agression à l'avenir", a expliqué Gabriel Attal devant les sénateurs. Ce texte prévoit notamment pour l’année 2024 "3 milliards d'euros de soutien militaire additionnel".
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NewsTranscription
00:00 Alors mesdames et messieurs les sénateurs, nous devons réagir.
00:04 C'est pourquoi le président de la République a appelé ces dernières semaines à un sursaut,
00:08 un sursaut collectif pour aider l'Ukraine et pour éviter le scénario du pire.
00:13 La Russie ne peut ni ne doit gagner la guerre, alors dans un esprit de lucidité,
00:18 en veillant à refuser toute escalade, nous prenons nos responsabilités.
00:23 C'est le sens de l'accord de sécurité conclu entre le président de la République
00:27 et le président Zelensky à Paris le 16 février dernier.
00:31 Cet accord bilatéral sur lequel nous vous demandons de vous prononcer,
00:35 ce sont des engagements mutuels entre la France et l'Ukraine.
00:39 C'est d'abord un engagement politique très fort de la France à renforcer structurellement
00:43 et sur le long terme les capacités de l'Ukraine sur tous les plans militaires, économiques
00:48 et également pour la reconstruction du pays.
00:51 L'objectif est d'accroître la capacité de l'Ukraine à résister,
00:55 d'accroître sa capacité de résilience, de décourager tout acte d'agression dans l'avenir.
01:00 Cet accord fait suite aux engagements pris par les pays du G7
01:04 dans une déclaration adoptée le 12 juillet 2023 en marge du sommet de l'OTAN à Vilnius.
01:10 Il s'inscrit donc, je le dis ici, dans une logique collective.
01:14 En plus des pays du G7, 25 pays ont adhéré à cette démarche.
01:18 Avec la France, ce sont déjà 7 pays qui ont conclu des accords similaires.
01:23 L'Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, l'Italie, les Pays-Bas et le Danemark.
01:29 C'est donc bien sur un élan de solidarité internationale que nous vous proposons de vous prononcer aujourd'hui.
01:35 Quel est l'engagement des pays signataires d'un accord de ce type ?
01:38 En cas de nouvelle agression russe contre l'Ukraine, il s'agit de lui fournir une assistance rapide,
01:44 notamment en matière de sécurité, d'équipement militaire et d'assistance économique.
01:49 En matière d'aide militaire, cet accord prévoit pour l'année 2024 jusqu'à 3 milliards d'euros de soutien militaire additionnel.
01:56 C'est pratiquement une fois et demie que ce que nous avons fourni en 2023
02:00 et près de deux fois plus que ce que nous avons fourni en 2022.
02:04 Par votre vote, nous vous demandons d'affirmer que la France est un partenaire militaire fiable de l'Ukraine.
02:09 Un partenaire capable de créer l'initiative, je pense notamment à la livraison de chars légers.
02:14 Un partenaire capable de livrer des capacités qui font la différence sur le terrain.
02:19 Je pense notamment à nos canons César ou aux missiles de longue portée Scalp.
02:23 En contrepartie de ces engagements financiers importants, l'Ukraine s'engage dans cet accord, pour sa part,
02:29 à poursuivre sa trajectoire ambitieuse de réforme.
02:32 Cela implique la poursuite des efforts importants initiés par les autorités ukrainiennes
02:37 en matière de lutte anticorruption, de réforme judiciaire, de consolidation de l'état de droit,
02:43 de décentralisation, de modernisation de son secteur de défense
02:47 ou encore de transformation de son agriculture vers les standards européens.
02:51 Cet accord est un acte fort. Il réaffirme le soutien de la France à l'Ukraine dans la durée.
02:56 Et s'il n'est juridiquement pas soumis à la ratification du Parlement,
03:00 le Président de la République a souhaité qu'il vous soit présenté,
03:03 que vous puissiez en débattre et que vous puissiez voter.
03:06 Car derrière cet accord, ce n'est pas seulement l'avenir de l'Ukraine,
03:10 c'est aussi la défense de nos intérêts et de notre sécurité qui est en jeu.
03:14 Cet accord les défend, cet accord les protège.
03:18 Et j'appelle évidemment à l'esprit de responsabilité de chacun au moment de le voter.
03:22 Mesdames et Messieurs les Sénateurs, au-delà de cet accord qui fera l'objet de votre vote,
03:28 la France prend ses responsabilités aussi en mobilisant la communauté internationale.
03:33 Lors de la réunion qui s'est tenue à Paris le 26 février,
03:36 avec les chefs d'État et de gouvernement de 27 États et leurs représentants,
03:40 de nouveaux engagements ont été pris.
03:42 Collectivement, nous avons décidé de continuer à renforcer notre soutien à l'Ukraine.
03:47 Collectivement, nous avons choisi de renforcer nos efforts
03:50 pour fournir à l'armée ukrainienne les munitions dont elle a besoin.
03:54 Collectivement, nous avons décidé de renforcer la défense antiaérienne
03:58 et les capacités de frappe dans la profondeur des forces ukrainiennes.
04:01 Une neuvième coalition internationale a été créée en ce sens.
04:05 Enfin, de nouveaux axes d'efforts ont été identifiés et proposés,
04:09 sur lesquels chacun pourra s'engager comme il le souhaite et autant qu'il le souhaite.
04:14 Il s'agit de renforcer la défense cyber et les capacités de déminage ukrainienne,
04:19 d'être en mesure de coproduire de l'armement en Ukraine,
04:24 d'assurer la défense des pays directement menacés par l'offensive russe, comme la Moldavie,
04:28 et d'être en capacité de soutenir l'Ukraine
04:31 pour qu'elle puisse continuer de sécuriser sa frontière avec la Biélorussie.
04:35 Ces engagements ont porté leurs fruits.
04:37 Loin des caricatures des partisans de la défaite permanente et du déclin,
04:41 la France a donné un nouvel élan de soutien à l'Ukraine.
04:45 Lors de la conférence ministérielle de suivi organisée la semaine dernière,
04:49 sous l'égide du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères,
04:52 et du ministre des Armées, des dizaines d'États partenaires
04:55 ont accepté de se saisir de nos réflexions, de s'engager,
04:58 et même de prendre la tête des travaux sur certains chantiers.
05:02 Grâce à la volonté du président de la République, à l'engagement du gouvernement,
05:06 la France est à l'initiative, elle est moteur.
05:10 Nous avons posé toutes les options sur la table,
05:13 sans logique d'escalade, sans faux-semblant.
05:16 Cela a permis un électrochoc salutaire,
05:19 a donné un coup d'accélérateur à la réaction internationale.
05:22 Nous avons assumé notre rôle, les travaux sont lancés,
05:25 nous nous opposons et nos partenaires sont libres de participer, d'avancer et de contribuer.
05:29 Enfin, je veux le dire clairement ici,
05:32 dans un moment aussi grave, dans une situation aussi complexe,
05:36 il n'y a pas de place pour l'instrumentalisation.
05:39 Le message du président de la République a été très clair.
05:43 Nous n'abandonnerons pas l'Ukraine et nous n'excluons pas,
05:46 par principe, aucune option.
05:49 Nous nous inscrivons dans un cadre réfléchi,
05:51 pour réaffirmer notre soutien à l'Ukraine,
05:54 pour faire la guerre à la Russie et en refaisant toute logique d'escalade.
05:57 Nous ne nous fixons pas de limites face à une Russie qui, elle, n'en fixe aucune.
06:01 Nous continuerons, comme nous le faisons depuis le début du conflit,
06:04 à faire évoluer notre soutien à l'adapté aux besoins des Ukrainiens.
06:08 En deux ans, beaucoup d'évolutions que l'on croyait impensables ont eu lieu.
06:12 La Suède et la Finlande, qui rejoignent l'OTAN,
06:15 impensables et pourtant c'est fait.
06:17 L'Europe, capable de prendre des sanctions fortes en quelques heures,
06:20 impensable et pourtant c'est fait.
06:23 L'Europe qui se mobilise, qui fournit des armes,
06:26 impensable et pourtant c'est fait.
06:29 Il y a une différence entre le soutien militaire et la co-belligérance.
06:32 Nous pratiquons cette différence tous les jours,
06:34 avec nos partenaires et nos alliés.
06:36 Une dynamique est en train de se lancer.
06:39 Les chantiers sont ouverts et se poursuivent,
06:42 afin de faire plus, mieux et si besoin différemment
06:45 pour soutenir l'Ukraine dans la durée.
06:47 Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
06:49 ces propos sont fermes, je le sais,
06:51 mais je veux ici rappeler qu'aucun pays plus que la France
06:54 n'a œuvré au dialogue avec la Russie,
06:56 n'a œuvré pour ramener ses dirigeants à la raison.
06:59 Que ce soit dans les négociations du format dit "Normandie avec l'Allemagne"
07:02 dès 2014, sous l'égide du président François Hollande
07:05 et repris par le président de la République.
07:08 Que ce soit par toutes les initiatives françaises de ces dernières années,
07:11 lors des rencontres entre le président de la République et le président Poutine,
07:14 à Versailles, à Saint-Pétersbourg, à Osaka ou à Brégançon.
07:18 Que ce soit dans l'organisation, à l'initiative du président de la République,
07:22 de ce qui s'est avéré être la seule rencontre entre les présidents Zelensky et Poutine
07:26 en décembre 2019, c'était en France, à l'Elysée.
07:30 Que ce soit dans les mois, les semaines, les jours, les heures
07:33 qui ont précédé l'éclatement du conflit,
07:36 où le président de la République a tout tenté jusqu'à se rendre à Moscou
07:39 pour éviter la guerre.
07:41 À toutes les étapes, notre engagement pour l'Ukraine a été constant,
07:45 en faveur de sa souveraineté et du respect de son intégrité territoriale,
07:49 sans volonté d'ostraciser la Russie.
07:51 C'est la raison pour laquelle la position de la France
07:54 en faveur de la paix est inchangée.
07:56 Notre objectif reste clairement celui d'une solution négociée
08:00 qui respecte les droits de l'Ukraine et nos intérêts de sécurité.
08:04 C'est la seule solution qui permette d'obtenir des garanties crédibles
08:07 de la part de la Russie pour s'assurer qu'elle ne retournera à l'assaut
08:10 ni de l'Ukraine, ni d'un autre pays européen.
08:13 Je dois le dire, j'entends dans le débat public,
08:15 et nous l'avons entendu à l'Assemblée nationale hier,
08:18 certaines voix qui disent "Nous ne soutenons pas l'accord que vous nous présentez
08:22 qui prévoit de renforcer notre soutien à tout point de vue à l'Ukraine,
08:26 mais nous plaidons pour une solution négociée".
08:29 Mais comment peut-on imaginer une solution négociée
08:32 qui permette aux Ukrainiens de vivre libres
08:35 si la situation reste la même, c'est-à-dire celle d'un raffort de force
08:38 absolu de la Russie sur les Ukrainiens ?
08:40 Comment peut-on imaginer une solution négociée acceptable
08:43 qui se traduise par une paix réelle
08:45 si cela se fait avec un pistolet sur la tente pour les Ukrainiens par la Russie ?
08:49 Assumer de soutenir l'Ukraine, c'est lui permettre de résister
08:53 et c'est lui permettre de bénéficier d'un rapport de force
08:56 qui fera qu'une solution négociée se fasse dans l'intérêt des Ukrainiens.
09:00 L'inverse, malheureusement, n'est pas envisageable.
09:03 Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
09:05 dans quelques instants, vous voterez.
09:07 Vous voterez sur notre accord bilatéral de sécurité avec l'Ukraine.
09:10 Vous voterez sur notre soutien à l'Ukraine.
09:13 Vous voterez sur notre capacité à défendre nos intérêts et nos valeurs.
09:17 Au moment de ce vote, les Français nous regardent.
09:20 Des Français qui s'inquiètent de la situation.
09:23 Des Français que la Russie menace.
09:25 Des Français qui tiennent à nos valeurs,
09:27 à notre liberté, à notre démocratie.
09:30 Des Français qui, je le crois, ont compris les dangers qu'il éguaitait
09:33 si la Russie l'emportait et je crois que c'est aussi notre responsabilité.
09:36 C'est aussi notre responsabilité de leur redire.
09:38 Évidemment que lorsque nous annonçons des montants de soutien,
09:41 il y a des Français qui réagissent, qui nous interrogent,
09:43 qui nous posent des questions,
09:45 qui entendent 3 milliards d'euros de soutien à l'Ukraine.
09:48 À nous aussi de leur rappeler que si ce soutien a un coût,
09:52 nos valeurs, la liberté des peuples, la sécurité de l'Europe,
09:56 n'ont pas de prix.
09:58 Et que si la Russie venait à l'emporter sur l'Ukraine,
10:01 ce seraient bien des moyens supplémentaires budgétaires
10:04 qu'il faudrait engager pour soutenir les Français
10:06 face aux conséquences que j'ai évoquées tout à l'heure
10:08 sur l'inflation des prix alimentaires ou de l'énergie
10:10 qui seraient pire encore que celles que nous connaissons aujourd'hui.
10:13 Évidemment, l'Ukraine aussi nous regarde.
10:15 Je salue son ambassadeur qui est présent.
10:18 Elle attend la confirmation et le signal de notre unité.
10:25 (Applaudissements)
10:44 (Générique)