00:00 Par contre celui-là, si tu me le donnes et que tu as un briquet,
00:03 à tout moment je peux le brûler.
00:05 Voilà, super.
00:06 Denis Lamalis.
00:08 La torre Ediadora, c'était la classe à l'italienne, même les pompes.
00:11 Salut.
00:23 Ça va ?
00:24 Parfait, et toi ?
00:25 Bah ouais, t'es content d'être là ?
00:28 C'est le premier, c'est le tout premier.
00:31 C'est le premier maillot que j'ai porté en tant que professionnel.
00:35 Vous imaginez, je suis parti de U7 et j'ai tout fait.
00:40 J'ai gravi tous les échelons, jusqu'à pro.
00:43 Donc oui, il y a une certaine forme de fierté parce que ma famille est là-bas,
00:47 parce que mes amis sont là-bas, parce que je suis l'enfant de la région,
00:51 et que le FC Metz, ça voulait dire beaucoup pour nous.
00:54 Nous, on a vécu en tant que supporters.
00:56 On était dans les gradins à l'époque avec mon père.
00:58 Pour vous dire, Bernard Lama était encore gardien de but du FC Metz.
01:02 Donc on s'est construit avec ça.
01:04 Et puis après, il y a eu l'épopée 98 qui nous a vraiment marqué au fer rouge.
01:08 C'est-à-dire cette équipe, elle est ancrée en moi.
01:11 Mes idoles de foot, c'est pas Beckham, c'est pas Zidane,
01:16 mes idoles de foot, c'est Sylvain Castendodge,
01:20 c'est Fred Merieux, c'est Robert Pires, c'est Bruno Rodriguez.
01:24 On a vécu tellement fort, nous, à l'intérieur du club, cette année 98,
01:28 où on se fait ravir le titre pour un but de Gueul-à-verra.
01:32 Je me souviens comme si c'était hier de cette époque-là.
01:35 C'était incroyable.
01:37 Milan, c'est celui où j'étais devant ma télé.
01:40 Je savais déjà que j'allais signer à Lille.
01:42 Et j'étais devant ma télé, je priais pour que le LOSC passe contre Milan sur ce match.
01:47 Je priais sur ce dernier match de poule pour que Lille l'emporte.
01:50 Et Lille l'emporte.
01:52 Ça, ça me parle.
01:55 Ça, ça me parle parce que c'est Roberto Baggio.
01:59 Et mon joueur préféré, c'est Roberto Baggio.
02:02 J'ai complètement accroché avec ce joueur-là.
02:06 J'ai en tête ce pénalty raté, là, au final de Coupe du Monde,
02:09 avec son look assez particulier.
02:11 C'est la culture du numéro 10, qui est entretenue en Italie,
02:14 les Totti, les Del Piero.
02:16 J'ai adoré ces joueurs-là.
02:18 J'ai adoré Diadora, c'était la classe à l'italienne, même les pompes.
02:21 T'avais les pompes en cuir.
02:23 À Metz, on avait les Puma King, cuir Kangourou.
02:26 Diadora, tu passais encore dans un autre design, à l'italienne.
02:29 C'était la classe.
02:30 T'avais les pompes noires avec le truc fluo, avec la languette.
02:32 C'était incroyable.
02:33 Cette équipe-là, c'est mon Brésil à moi.
02:37 À partir des saisons 2009-2010, 2010-2011,
02:42 franchement, tous ceux qui nous ont joués vous diront qu'on est peut-être
02:46 derrière le Paris Saint-Germain, Thiago Mota, de tout ça, de Laurent Blanc.
02:51 Je pense qu'on est une des plus belles équipes qui a sévi sur le championnat de France
02:55 ces 15-20 dernières années.
02:57 Parce qu'on avait un jeu unique, c'était incroyable.
03:00 On avait une homogénéité dans cette équipe.
03:02 On jouait l'offensive tout le temps.
03:03 Puis on avait des joueurs comme Eden Hazard, comme Gervinho,
03:07 qui étaient juste des monstres du 1 contre 1,
03:11 qui étaient des impacts players, qui changeaient les matchs.
03:15 Et puis après, on avait un banc qui était acquis à la cause de l'équipe.
03:20 Une saison incroyable dans l'énergie, dans la camaraderie,
03:24 dans l'envie d'arriver le matin.
03:26 Tu étais pressé d'arriver dans le vestiaire parce qu'il y avait aussi des mecs comme Adil,
03:30 Rami, Netru.
03:31 Il y avait des fanfarons.
03:32 C'était la rigolade constamment.
03:34 On ne se prenait pas au sérieux.
03:35 Et puis Rudy Garcia, qui nous a laissés en pilotage automatique.
03:40 Et ça a plutôt bien fonctionné.
03:43 Le premier match de la saison
03:47 Je me souviens du moment où on jouait à Bollard.
03:52 Je les vois tous descendre un par un.
03:54 C'est-à-dire Ronaldo, Ronay, Ferdinand, Scholes, Giggs.
04:01 Et moi, je suis là, ces mecs-là, je les ai regardés à la télé tout le temps.
04:04 Je suis un fou.
04:06 Et je les vois.
04:07 Et là, je suis un peu en mode groupie.
04:09 Je me reprends et je me dis « Non, tu n'as pas le droit de te comporter comme ça.
04:12 On n'est pas là pour regarder.
04:14 On est là pour aujourd'hui se montrer. »
04:16 Par contre, celui-là, si tu me le donnes et que tu as un briquet, à tout moment, je peux le brûler.
04:22 Ce qui s'est passé, c'est qu'ils étaient en grande difficulté.
04:27 Sur ce match-là, on les a mis en grande, grande, grande difficulté.
04:29 Ils n'y arrivaient pas.
04:31 Et que l'expérience, voire pour moi le vice de Ryan Lee Giggs.
04:36 Pour moi, le vice fait partie du jeu.
04:39 Mais là, il a poussé le vice à un point que je n'aurais pas pu imaginer pour un champion.
04:44 C'est-à-dire que nous, on était le petit.
04:46 Eux, ils étaient le gros.
04:47 Je ne pense pas qu'ils avaient besoin de ça.
04:49 J'ai très, très peu de respect pour cet homme-là.
04:52 Un excellent joueur, mais un homme moyen, pour ne pas dire plus.
04:58 Oui, c'est une vraie déception.
05:00 Pourtant, quel joueur formidable.
05:03 Mais je ne peux plus.
05:05 C'est viscéral chez moi.
05:07 Il a gâché un moment d'exception.
05:09 Il a transformé un rêve en cauchemar.
05:15 Et l'image que tu as de ces joueurs-là, c'est que ce sont des mecs qui gagnent à la loyale.
05:20 Je trouve que ce soir-là, ils n'ont pas gagné à la loyale.
05:22 Oui, lui aussi, c'était quelqu'un.
05:27 Je trouve que c'est un joueur qui n'est pas reconnu à sa juste valeur.
05:35 Je trouve que 98, c'est lui plus que Zidane.
05:38 Il aurait mérité plus de louanges, à mon sens.
05:43 C'était un drôle de joueur.
05:45 Le maillot quand j'arrive.
05:55 Ça aussi, c'est une drôle d'histoire.
05:57 Parce que Bordeaux, normalement, ça ne doit pas rentrer dans l'équation.
06:01 Parce que dans l'idée, je voulais rester à Lille.
06:04 Et trois semaines après, on retourne à Lille.
06:06 Avec Bordeaux.
06:07 Le fameux 5-4 où j'avais des comptes à régler.
06:11 Je mets un doublé, on gagne 5-4 et je mets le but à la 83ème minute.
06:16 Mes comptes étaient soldés.
06:20 Ejo, ça a été dur parce que j'ai été dans son ombre.
06:26 Ejo, il est indétrônable là-bas.
06:28 C'est l'idole du peuple.
06:30 Il est adulé comme jamais.
06:32 Et en fait, le mi-coup, c'était Aaron Hunt.
06:35 Ce n'était pas moi.
06:36 Je me suis fait piéger un peu là-dessus.
06:38 Franchement, ça n'a pas été une bonne expérience sportive.
06:41 Mais quel stade.
06:42 Quelle ferveur.
06:43 Les ambiances en Bundesliga, c'était incroyable.
06:48 Celui-là, on l'avait tous.
06:51 Le Matthias Zammer.
06:54 Le Chapuisat.
06:55 On l'avait celui-là.
06:56 Magnifique.
06:59 J'en ai eu un comme ça aussi, avec un petit col.
07:02 Beau celui-là.
07:03 Ce maillot, il est juste dingue.
07:05 Denis Lamalice.
07:09 Parce qu'il y a eu Badio, mais il y a eu Bergkamp aussi.
07:13 Bergkamp, pour moi, il est dans mon 11.
07:16 Il est dans mon 11 de mes joueurs préférés.
07:19 Rappelez-vous ce truc-là.
07:21 Il tape le ballon, le truc, il revient.
07:24 Quelle joie.
07:25 Et puis l'aventure avec la Pologne.
07:28 C'est aussi une expérience folle.
07:30 Moi, je suis un Polonais de deuxième génération.
07:33 Je n'ai pas été élevé dans la culture polonaise.
07:36 J'ai essayé de bien faire.
07:38 Mais on m'a souvent reproché de ne pas aller assez vite.
07:42 Ou de ne pas montrer assez.
07:43 Et puis, j'ai un caractère où quand tu me pousses trop, je me braque.
07:48 On était chien et chat avec Robert.
07:51 Notre premier contact, j'essaye de lui parler en anglais.
07:55 Et lui me dit, tant que tu ne parleras pas polonais, on ne parlera jamais ensemble.
07:58 Et moi, tu penses bien.
08:01 Ben, je lui dis, on ne parlera jamais ensemble.
08:03 Sauf qu'on était neuf, il était neuf et moi, j'étais dix.
08:06 Tu vois, en termes de connexion, il faut quand même un minimum de relationnel.
08:11 Et c'est vrai que ça a flingué un peu notre relation sportive.
08:15 Ça a créé une espèce de, pas de tension, mais disons qu'on s'ignorait gentiment.
08:21 Alors qu'on aurait pu créer une relation super.
08:23 Mais j'en suis en partie responsable aussi, parce que j'aurais dû aller un peu plus vers lui.
08:28 Et on s'est revus au ballon d'or.
08:30 Et ça a été assez incroyable parce qu'on a changé, on a mûri les deux.
08:34 Et on se disait qu'on ferait peut-être pas les choses, on ferait les choses différemment aujourd'hui.
08:40 Celui-là, il est ouf.
08:44 Ah ouais, c'est celui qui nous ouvre la porte de tout.
08:47 Et puis, je le trouve magnifique.
08:51 Je le trouve magnifique, le maillot il est simple, la matière est top.
08:54 Le truc sur l'épaule, c'est quand même quelque chose.
08:59 Non, magnifique.
09:01 Tiens, regarde dehors, c'est assez drôle.
09:10 Regarde, il y a un jeune dehors avec le maillot du FCMS.
09:12 Tu vois, c'est quand même...
09:14 Là, les gars, vous ne pouviez pas faire mieux.
09:17 Là, en termes de signes, dehors, il y a un gamin avec le maillot du FCMS.
09:22 [Rires]
09:23 [Bruit de la salle de bain]
09:30 Merci à tous !
09:32 [SILENCE]
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